vineri, 21 iunie 2013

ploaie...


pe lumea asta plouă tot mai rar
mor flori de leac pe dealuri neudate
și nu plouă cu ploaie, ci cu var
cu praf de scoici și mări demult uscate

se scurge apa toată înapoi
spre cosmosul ce-n întuneric arde
alunecând încet-încet în noi
cu false artificii și petarde

cu zei, partide, mall-uri, decibeli
roboți, new-wave, otrăvuri și războaie
ni-e mintea încărcată de scorneli -
pământul vrea doar ploaie, ploaie, ploaie !

pe lumea asta plină de minciuni
pe lumea asta plină de Sahare
ne-a mai rămas doar iarba, oameni buni
și adevărul dintr-un fir de floare...

duminică, 3 martie 2013

Olivier Deck, France


Olivier Deck

Le chant des deux terres et des deux mers
~
Qu’ai-je vu
quand j’ai ouvert les yeux ?
Dis
Ô mémoire
dis ce que j’ai vu
dis-le moi encore !
« Tu as vu le sud
et allongée sur lui
la montagne
comme une poignée de mains
qui scelle deux terres
Un pont de roches bleues
jeté
entre deux mers
Au-dessus
le ciel azur d’Espagne
et au-devant
les collines viridantes de France »
Qu’ai-je entendu
alors ?
Dis-moi
Ô mémoire
dis-moi ce que j’ai entendu
« Tu as entendu le vent
qui connaît
dans toutes les langues
les histoires
des guerres, des famines
des exils
des déchirures, des amours
et des noces
Le vent
qui porte aussi
la voix des bergers
le chant des montagnards
des moineaux et des cochevis
Le vent
qui joue
de la guitare dans les averses
chargées parfois
du sable d’une arène
où galopent des toros célestes
aux cornes chargées
de terreur et de gloire »
Alors
Ô mémoire
qu’ai-je respiré
qu’ai-je senti ?
Dis
dis-le moi encore !
« Tu as respiré
les parfums de la distance
charriés par ce vent tiède
comme le ventre d’une amante
Tu l’as senti effleurer ta peau
caresse, mains invisibles
d’un amour en promesses »
Ainsi je vais au sud
J’épouse la distance
Pour trouver cet amour en promesses

Errance éternelle errance
ne connaît ni maison
ni repos
hors du poème

J’embrasse
les chemins du chant
qui délie
l’entrave des frontières

Et
dans mon chant
brille
une poignée de mains
entre une terre et l’autre
un pont
entre une mer et l’autre.
*
Le vagabond
~
Je ne possède aucune terre
Sauf l'errance
Encore moins de territoire
Et j'ignore mon itinéraire
Je ne possède aucune terre
Ni dedans, ni dehors
Ni horizon, ni ciel
Et le ciel, qui possède
Le ciel ?
Un pas
Une lumière nouvelle
Un pas
Une lumière qui s'éteint
Murmure de la mémoire
Echo des étoiles perdues
Murmure de la mémoire
Tout l'horizon
Derrière mes épaules
Il n'y a que l'oubli
Pour sécher les rivières
L'oubli
Quand le reflet se tait
L'oubli
Quand la souffrance coagule
Je connais
L'ornière du doute
Je la connais
Je connais
Le méandre des rides
Je le connais
L'espoir meurtri
D'un bout à l'autre
Du regard
Je vais, seul, je vais
Sous la conduite
De mon ombre
Joindre mon ombre à l'ombre
Où cessera la marche
Où tombera le vagabond.
*
Terre

Te retrouverai-je un jour
terre de mon enfance ?

Terre de montagne
de collines, de gaves
de rêve
à perte d’imagination et d’espoir

Sentirai-je encore
le parfum des fenaisons
d’un mois de juillet pyrénéen?

Le sentirai-je vraiment
comme je le sentais alors ?

Sentirai-je encore
l’odeur de vase
des berges du gave
dans le matin d’albâtre
d’un creux de Béarn?

Je t’ai perdue
sans jamais te quitter

Le temps
c’est le temps
qui t’as ravie à moi

La marche sans repos
des jours

Intangible terre
je te croyais à prendre
tu es insaisissable
et mystérieuse
comme les oiseaux migrateurs
qui sillonnent tes automnes

Lorsque je repasse par la vallée
dans l’odeur du foin coupé
je sais que je t’ai perdue

Lorsque je marche dans les collines
parmi le bruissement des arbres
Et des ruisseaux
je sais que je t’ai perdue

Lorsque j’entends
la mélodie de tes averses
le chant de tes nuages
sous les cordes de ma guitare
je sais que je t’ai perdue

Quelle tristesse m’envahit
alors
d’avoir vécu trop vite
d’avoir vécu déjà

Non, oh non
je ne t’ai pas perdue
ma terre !

Je te porte en moi
je te réinvente chaque jour
je te porte dans mon chant

Ce n’est pas toi
ce n’est pas toi
que j’ai perdue

C’est mon enfance
c’est mon enfance

Elle qui attendait tant
d’aujourd’hui

Cet aujourd’hui
qui sans trêve la cherche

Enfance, mon enfance
te retrouverai-je
échouée
sur la grève d’un poème ?

Entre les galets gris et bleus et blancs
comme des mots roulés
par les flots incertains

Te retrouverai-je
dans un dernier songe clair ?
*
http://www.olivier-deck.com/

marți, 26 februarie 2013

Mircea Ivănescu, Roumanie

de-a baba oarba

întunericul, Doamne, întunericul pe ochii larg
deschişi, care ar trebui să vadă, şi care
ar trebui să răsfrângă ceea ce este în jur, adevărat,
fals. – şi cu mâinile întinse. beznă.
adică nimic. mergând cu mâinile întinse
într-un gol, unde nu există mişcare. – doar că
să-ţi laşi bezna aceasta pe faţă – nimicul
aşteptând, veşted, în jur – şi mergi.
fără să mergi, fără să mergi – un timp care nu mai e timp.
şi la urmă, cineva aprinde lumina. a fost numai o glumă.
în jurul tău sunt obiectele la fel de adevărate,
şi ochii văd acum – şi mâinile, le-ai putea
întinde, să atingi unul sau altul din lucrurile
din jurul tău.

Din „Alte versuri”, Editura Eminescu, Bucuresti, 1972, p.146


à colin-maillard

les ténèbres, Dieu, les ténèbres sur les yeux grand
ouverts, et qui devriont voir, et qui
devriont refléter ce qu'il y a de vrai ou de faux
tout autour. - les mains tendues. et l'obscurité.
c'est à dire rien. marcher les mains tendues devant soi
dans un lieu vide où il n'y a aucun mouvement. - garder
l'obscurité sur ton visage - lorsque le rien
attend, flétri, de côté - et tu marches.
sans marcher, sans marcher - pendant quelque temps qui n'est plus temps.
et enfin, quelqu'un allume la lumière. c'était juste une blague.
autour de toi les objets sont à nouveau bien réels ,
et tes yeux voient maintenant - et tu peux
tendre les mains pour toucher les choses
qui t'entourent.

Traduit par Lucia Sotirova

duminică, 17 februarie 2013

Cantares


Tant de chants répétés sillonnent l'espace
et personne à les écouter
Du silence aux paroles il n'y a pas de chemin -
rien qu'un paysage éphémère

L'ombre d'une cigale
à l'ombre d'une feuille
Dans l'air -  aucun frémissement
Je marche parmi les chants de mon coeur
plus seule qu'au fond de l'océan...

D'un coeur à l'autre
il n'y a pas de chemin -
rien qu'un abîme de chants

sâmbătă, 16 februarie 2013

Supercalifragilis...

N-am murit, dar am trecut pe-acolo
şi oasele mele v-au îmbrăţişat
cu tam-tamuri de calciu şi flori,
v-am cîntat din fluierul piciorului
nocturna bucium cu jale memento mori
Mihai de la Ipoteşti, nici el n-a murit,
îmi umblă prin călcîiul lui Achil seară de seară,
îmi frunzăreşte memoria între două insomnii,
eu îi fur sîngele şi-l îmbrac în ferigi,
îi smulg somnul hermetic şi-l biocurent în beznă.
N-am murit, dar am trecut pe-acolo,
m-a pătruns ceva pe dinăuntru,
o simfonie beată-criţă, un amore dramatico,
nitroglicerină sub unghii
gata să mă stare de agregare, gata cu mine!
Dar am supra-pus-vieţuit,
dar am supra-ceea-ce-sînt:
gură de aur, metaforă între două limbi,
tăcere interimară,
găvan plin de salto-mortale.
Şi încă mai vremuiesc printre voi,
muchachos de 99 de ani,
încă mă mai tinctură pe răni,
ochi pentru ochi, axon pentru axon.
E frumos pe lume, nu mă dau,
mă duc la Acapulco să mă nălucă la geam,
că mi-e zborul stingere şi plînsul neplîngere -
stil antecedent, pruncă eram şi heruvim,
dar iată-mă năgîţ primavaratic gata să vă cînt pe viu
cealaltă jumătate de poezie.


sâmbătă, 9 februarie 2013

Octavian Paler, Roumanie

(1926 - 2007)

Définition du pas absent

Un seul pas nous sépare.
J'ignore si le pas absent
est le mien
ou le tien.
Tu restes d'un côté de la rive
moi - de l'autre
et entre nous coule la nuit.
Pour arriver si près
pour rester si loin
un seul pas nous sépare
et entre nous la nuit ne cesse pas de couler
dans le pas absent.
*
Perplexité

Tu dis, tranquillement, "vérité".
Ils te regardent et se taisent,
sans comprendre ce que tu veux dire,
mais parce qu'ils sont bien élevés,
ils te demandent: "combien ça coûte?"
Tu leur montres tes mains vides.
Mais ils ne comprennent plus ce geste
et, confus, veulent s'en aller.
Tu cours après eux et leur dis: "espérance".
Polis, ils s'arrêtent et te demandent
encore une fois: "combien ça coûte?"
Et toi, tu ne sais pas évaluer
l'espérance. Et tu te tais.

Traduit du roumain: Lucia Sotirova

luni, 4 februarie 2013

Click poétique :)

La poésie n'a plus besoin
d'une plume
mais d'un ordinateur.
Hébété d'être publié si vite
parmi des backgrounds, spams,
étoiles_anges_papillons
clicks de souris et photos
le poète fait naufrage
dans l'océan des ados.
L'écran plasma
est un conte bleu -
la lyrique ne sent plus le papier,
la forêt et les coquelicots -
elle est brisée en tessons!
Chaque internaute fait son choix:
une fleur de primevère, un grain d'écume,
un coin de la ville,
une tigelle de bouleau,
un chat somnolent au printemps...
Mais très souvent
personne ne passe par là,
on n'aime pas la poésie,
on rêve à l'amour sur le tchat.
Le poète est seul
et sage comme une image
il descend à une grande profondeur
dans les sites
et signe son oeuvre:
"Capitaine Némo" :)